L’état marocain a été un élève studieux des institutions financières internationales
à savoir le FMI et la banque mondiale qui ont imposé aux pays du tiers monde
le programme d’ajustement structurel (P .A.S) qui a aboutit à un abaissement
des dépenses publics dans les secteurs sociaux en général et la santé en particulier
engendrant des conséquences néfastes sur les ressources humaines qui sont
le pilier de toute action de développement, le résultat en est :
-une faiblesse
du pouvoir d’achat qui ne dépasse guère 17$ par an par habitant en médicaments.
-un faible taux
de couverture sociale qui ne dépasse guère 15%
de la population marocaine.
Les conséquences du P.A.S ont alors constitué
de vraies entraves à la possibilité d’accès à des soins de qualité, ce qui
a poussé une grande majorité des marocains à chercher des alternatives selon
leurs capacités et les faibles moyens dont ils disposent : charlatanisme- médicaments de qualité médiocre
ou douteuse comme ceux de la contrebande.
Pour remédier à cette
situation désastreuse les pays en voie de développement doivent faire passer en priorité l’intérêt de la santé de leurs citoyens, et
ne plus s’incliner aux exigences économiques qui deviennent de plus en plus
atroces comme c’est le cas dans les conventions bilatérales de libre échange
que les Etats Unis d’Amérique essaye de contracter avec plusieurs pays notamment
le Maroc entravant un droit plus que fondamental :le droit à l’accès
aux médicaments du moment que les clauses
des dites conventions stipulent une protection
des brevets des médicaments pouvant atteindre 30 ans ce qui va donc à l’encontre des droits de l’homme tels que stipulés
dans la déclaration universelle de l’ONU de 1948, des recommandations de l’OMS
ainsi qu’à l’encontre des dispositions de l’accord de DOHA en novembre 2001
sur les ADPIC dans le cadre de l’OMC (organisation qui a connu le jour en
1994 au Maroc.).
Les négociations bilatérales (USA-MAROC) concernant
la ratification de la convention de libre échange font suite aux échecs des
USA à imposer ses conditions lourdes et contraignantes lors de la dernière
rencontre de l’OMC à CANCUN (Mexique).
La convention avec les
USA aurait pu être avantageuse et constituer une véritable opportunité pour
nous si le rapport de forces économique, financier et intellectuel était doté
d’un certain équilibre, ce qui nous aurait permis en contre partie d’exporter vers
les USA nos éventuels produits brevetés…. !!!La réalité étant tout autre,
un tel défi nécessiterait toute une préparation préalable et une mise à niveau
préliminaire pour rendre cet accord fructueux et bénéfique dans les deux sens.
Ainsi les USA tenteraient
aujourd’hui d’imposer au Maroc des dispositions visant à renforcer la protection
de la propriété intellectuelle au delà des standards exigés par l’OMC ,et
ce à l’encontre de la déclaration ADPIC(Accord Droits de Protection Intellectuelle
du commerce) et santé publique de DOHA en 2001 ;de telles dispositions
seraient impartieles ,le Maroc n’est nullement obligé de les accépter au détriment
de la santé du citoyen .
En effet le prolongement
de la durée de protection peut se concrétiser de la façon suivante :
-20 ans : c’est
la durée telle que stipulée dans les dispositions
de
l ‘ADPIC
DE L’OMC.
-5ans : pour les
renseignements non divulgues non associes aux brevets.
-3 ans : en cas de
nouvelles informations ou indications thérapeutiques.
-18 mois : suite au
retards de l’administration marocaine pour l’enregistrement des médicaments
et l’obtention de leur AMM (Autorisation de Mise sur le Marché).
Le cas ou les trois conditions precitées
se présenterait nous amenerait au prologement de la durée de protection à
29 ans et demi.
Cet accord constituera sans doute un véritable obstacle
quant à la viabilité et la pérennité de l’industrie
pharmaceutique marocaine, qui produit actuellement 80% du marché de
la consommation du Maroc en médicaments,et qui emploie 6500 emplois directs
et 20000 emplois indirects avec un taux d’encadrement de 20% .Ainsi le renforcement
du monopole et de l’exclusivité de production de certains médicaments par
l’industrie pharmaceutique américaine étouffera la production des génériques
favorisant ainsi la persistance de médicaments à prix élevés et inaccessibles
privant de façon inhumaine et cruelle des malades de leur droit à la santé.
Pour de nombreux malades (cancéreux, asthmatiques,
hépatiques, sidéens,) l’accès aux médicaments est une question
de vie ou de mort. Or, le prix des médicaments constitue pour ces patients
une entrave à leur accès. Seule l’existence de versions génériques peut effectivement
et durablement changer cette réalité irréfutable.
cet accord sera aussi
un frein quant à l’aboutissement d’un
projet social ambitieux trop attendu
par plus de 85%des marocains a savoir l’Assurance
Maladie Obligatoire qui devrait, voir le jour en 2005 !!Et ce en entravant
la maîtrise des dépenses de santé.
Un autre
problème surgira suite à cette fameuse convention inéquitable à savoir la
prolifération des circuits parallèles et illégaux du médicament empreintés
par des personnes malhonnêtes qui profiteront de cette situation en développant
le marché de la contrefaçon des médicaments, dont les méfaits peuvent porter
préjudice a la santé du malade allant jusqu'à la mort.
Ainsi la ratification
de cet accord confirme bien que le secteur de la santé en général et le secteur
de la pharmacie en particulier sont le dernier souci du gouvernement actuel,
cet accord dit de « LIBRE ECHANGE », ECHANGE en fait la marchandise
des américains contre la santé des marocains.
Une vraie politique
publique du médicament devrait être conçue , élaborée, exécutée ,et
évaluée avec une approche globale dans un cadre général impliquant tous les
acteurs de santé notamment les pharmaciens d’officine, et visant à dispenser
aux citoyens des médicaments de qualité, efficaces
,sécurisés, et accessibles.
DR RHAOUTI MOHAMED
LAGHDAF
PRESIDENT L’ORDRE DES PHARMACIENS
DU NORD -MAROC-
